Affaire CAHUZAC et lutte contre la fraude fiscale

L’affaire Cahuzac a fait grand bruit en son temps.

Elle mérite réflexion sur les conclusions à en tirer.

Avant sa prise de fonction de Ministre du budget, Jérôme Cahuzac avait, semble-t-il, pratiqué la fraude fiscale et planqué son argent dans ce qu’il est convenu d’appeler un paradis fiscal. Interrogé à l’Assemblée Nationale, il jura la main sur le cœur qu’il n’avait jamais eu de compte en Suisse. On connaît la suite, il appartient à la justice d’aller au fond de l’affaire et d’appliquer les sanctions qui semblent s’imposer.

Ce que nous allons suggérer n’excuse en rien l’attitude inadmissible du ministre et du citoyen Cahuzac ou de tout autre élu de gauche ou de droite qui aurait agi ou viendrait à agir de façon semblable.

Nous posons cependant cette question : quelle est la plus grosse « erreur » de Cahuzac ? Avoir, comme tant d’autres, triché avec le fisc ou avoir accepté d’être ministre ?

S’il n’avait pas eu de responsabilités politiques, qui parlerait aujourd’hui de Jérôme Cahuzac ? Bien peu de personnes, tant sont banalisés la fraude fiscale et l’évasion fiscale. Il n’empêche que ce serait le même tricheur avec les mêmes effets pour le budget de la Nation. Ce serait simplement un tricheur parmi tant d’autres, tant sont nombreux les « cahuzac », qui sans être des personnages politiques n’en font pas moins perdre chaque année à notre pays, des recettes estimées à plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Des remèdes doivent être trouvés

Concernant l’évasion fiscale, des accords internationaux sont nécessaires et tout ne dépend pas de la France. Pour ce qui est de la fraude fiscale, notre législation doit être modifiée et permettre une lutte efficace contre ce fléau.

Il serait plus moral et plus efficace pour l’équilibre des comptes de la France, de s’attaquer sérieusement à ces tricheries qui s’assimilent à du vol, plutôt que d’économiser sur les services publics et sur la protection sociale, comme le prône la droite.

Il ne faut pas masquer le vrai problème en s’en prenant uniquement aux ministres, aux élus et haut-fonctionnaires.

Nous ne sommes pas des adeptes du « tous pourris » qui conduit aux votes extrêmes. Certes, les responsables politiques doivent être irréprochables, mais la racine du mal est ailleurs. Dans certains milieux, la fraude fiscale est devenue une pratique tellement courante que ceux qui ne s’y livrent pas finissent par apparaître comme des demeurés !

Le maximum doit être fait pour combattre ce fléau.

Les risques encourus doivent être tels que les tricheurs se disent que « le jeu n’en vaut plus la chandelle ». Un allongement des délais de prescription pourrait utilement compléter les sanctions et mettre fin à la tranquillité et l’impunité dont jouissent, après trois ans, ceux qui pratiquent la fraude fiscale.

Voilà qui ne grèverait pas nos finances, mais assurerait de substantielles recettes dont notre pays a tant besoin.

La Gauche au pouvoir peut et doit agir en ce sens.