Philippe Vigier et les fraudes « sociale » et fiscale

Dans le dernier numéro de notre bulletin « Parlons-en », nous reprochions à Philippe Vigier de ne parler dans ses déclarations à la presse que de la fraude dite sociale en oubliant la fraude fiscale.

Dans son journal « Toujours la passion d’agir » de janvier Philippe Vigier revient sur le sujet et titre cette fois « Fraude sociale et fiscale ».

Hélas, le changement ne réside que dans le titre !

L’article évoque 20 milliards de fraude par an, c’est l’estimation approximative connue du montant de la fraude dite sociale. Ce chiffre n’a rien à voir avec les estimations bien supérieures de la fraude et des évasions fiscales (on parle de 60 à 80 milliards par an).

Le reste est à l’avenant, voici deux extraits de l’article de Philippe Vigier :
- « il est inacceptable que certains bénéficient de droits et que les autres assument les devoirs »
- « En 2012, le répertoire national commun de la protection sociale a été élargi et constitue désormais un fichier généralisé des allocataires qui recense toutes les prestations sociales perçues et permet de constater les abus ».

- Rien sur les évasions vers les paradis fiscaux
- Rien sur les fraudes de certaines entreprises et de certains particuliers que ce soit dans le domaine de la protection sociale (salariés non déclarés) ou dans le domaine fiscal.

Monsieur Vigier, il ne suffit pas d’ajouter un mot dans le titre d’un article pour en changer le sens. Le titre change, mais le contenu est identique à vos précédentes prises de position.

Vous restez obnubilé par la fraude aux prestations sociales. C’est l’éternel refrain de la droite sur les assistés et les tricheurs aux prestations. Nous ne disons pas que le problème n’existe pas, mais nous disons, sans pour autant approuver ces petites tricheries, que leur coût reste minime par rapport aux autres fraudes.

Vous nous promettez une proposition de loi contre la fraude, espérons simplement qu’elle proposera clairement des moyens de lutte contre toutes les fraudes et notamment le renforcement des moyens de contrôle et des effectifs des services fiscaux et des organismes de recouvrement de la sécurité sociale.